Albane peint ses personnages en commençant par le noir. Et c'est là, dans l'ombre, qu'elle fait apparaître la lumière.

Albane de Saint-Rémy commence rarement par la lumière.

Elle commence par l'obscurité.

Un fond sombre qu'elle brosse, raye et creuse, parfois jusqu'à percer la matière.

L'ombre, chez elle, ne cache pas.

Elle fait apparaître.

Et comme sur une photo en noir et blanc, c'est le contraste qui donne vie à un portrait.

Ce qu'elle cherche, ce n'est pas un beau visage. C'est un visage juste. « Si c'est trop flou, c'est mou », dit-elle. Alors elle gratte encore, jusqu'à la tension exacte où une émotion apparaît.

Flash !

La robe aux formes rouges - 116 x 90

Ses figures sont fortes. Elles expriment aussi une fragilité. Une faille au coin d'une bouche, un tremblement dans l'œil.

L'instant de vie d'un personnage imaginaire qui vit dans une version de notre monde plus poétique.

Chez les êtres humains qu'elle illustre, majoritairement femmes, c'est la fêlure qui touche, pas la perfection. Car l'émotion devient réelle. On est animé de leur vie. De leur force. Claire et ombragée.

Albane peint la lumière que nous gardons en nous, et que l'ombre, un instant, laisse paraître.

Et dans cet immense plongeon révèle la vérité d'une émotion intelligemment racontée : la fiction poétique peut dire le vrai.